COMBIEN DE DIVISIONS ? ENSEMBLE CITOYENS

24 Jan 2022 | Médias

DECIDEUR MAGAZINE

LUCAS JAKUBOWICZ

Pour tenter de garder sa place à l’Élysée, Emmanuel Macron compte se reposer sur une alliance plus large que LREM.

Voici les mouvements qui, pour le moment, font partie de la galaxie macroniste.

MODEM, L’ALLIÉ EXIGEANT Le ralliement de François Bayrou en février 2017 a donné un poids déterminant à la candidature d’Emmanuel Macron. En échange, le parti centriste moribond est revenu en force au centre du jeu politique. Il dispose d’un groupe de plus de 50députés à l’Assemblée nationale et de cinq ministres au gouvernement (Geneviève Darrieussecq, Sarah El Haïry, Nathalie Elimas, Marc Fesneau, Jacqueline Gourault). Dotés d’une forte implantation locale, les héritiers de l’UDF seront un pilier de la campagne. Sous l’égide de François Bayrou, les centristes pourraient se montrer exigeants en nombre de députés ou de ministres potentiels et comptent bien influencer le programme du Président.

TERRITOIRES DE PROGRÈS, L’AILE GAUCHE Durant la campagne électorale, Emmanuel Macron devrait encore se réclamer de droite et de gauche.

Pour fidéliser et conquérir l’électorat social-démocrate, il dispose d’un atout : Territoires de progrès. Lancé en janvier 2020 pour structurer l’aile gauche de la Macronie, le parti qui se réclame proche du SPD allemand ne dispose pas d’un chef charismatique ou d’un groupe parlementaire (un choix volontaire). En revanche, une cinquantaine de députés LREM sont proches du mouvement qui compte, par ailleurs, plusieurs membres dans le gouvernement : Clément Beaune, Élisabeth Borne, Olivier Dussopt, Jean-Yves Le Drian, Agnès Pannier-Runacher, Florence Parly, Olivier Véran, Emmanuelle Wargon. D’une importance stratégique, TdP pourrait monnayer cher son soutien pour peser davantage et, pourquoi pas, supplanter le PS chez les électeurs de centre gauche.

HORIZONS, LES PHILIPPISTES SE STRUCTURENT Octobre 2021. Édouard Philippe frappe un grand coup en lançant son parti devant 3 000 personnes : Horizons pour, selon lui, « voir loin ». Pourquoi pas la présidentielle de 2027 à laquelle Emmanuel Macron ne pourra pas concourir s’il est réélu dans quelques mois ? Pour le moment, l’ancien premier ministre soutient la majorité. Et cela est précieux puisque le maire du Havre jouit d’une belle cote de popularité dans l’opinion. Mais cet engagement ne sera pas forcément gratuit. Le « patron » espère un groupe parlementaire pour son mouvement et, pourquoi pas, un rôle de dauphin. De nombreux maires font partie de l’aventure. Citons notamment Hubert Falco (Toulon), Patrick de Carolis (Arles), Christophe Béchu (Angers), Laurent Marcangeli (Ajaccio) ou encore Arnaud Robinet (Reims).

AGIR, LA DROITE CONSTRUCTIVE : LE SAS DE DÉCOMPRESSION À l’issue de la présidentielle de 2017, de nombreux élus de centre droit ont exprimé leur volonté de soutenir et de rejoindre la majorité. Pour franchir plus facilement le Rubicon, le parti Agir, la droite constructive a été lancé. Présidé par Franck Riester, ancien député LR, il dispose d’un groupe parlementaire de 22 députés. La croissance d’Horizons pourrait compromettre son développement. D’autant plus que de nombreux membres d’Agir sont également encartés dans la boutique d’Édouard Philippe… EN COMMUN ! LE PETIT POUCET Si la majorité veut « son PS » avecTdP, elle essaie également d’attirer vers elle les électeurs écologistes rebutés par le positionnement trop à gauche d’EELV. Pour les attirer, elle mise sur En Commun !, un mouvement structuré autour de Barbara Pompili, du député Jacques Maire et de l’entrepreneur et économiste Philippe Hardouin. Pour le moment, En commun ! est groupusculaire et fait figure de cavalier léger dans le dispositif.

PARTI RADICAL, LE POIDS DE L’HISTOIRE Fondé en 1901, le parti radical est l’un des plus anciens partis de France. Focalisé sur la défense de la laïcité et des territoires ruraux, il s’est déporté vers le centre, la gauche abandonnant peu à peu ces thématiques. En décembre 2021, il apporte son étiquette « historique » à la maison commune de la majorité.

Finie l’omniprésence de LREM. Pour l’emporter en 2022, la majorité mise sur une fédération de partis